Trente-trois mille milliards d’euros. C’est l’épargne des ménages européens, dont un tiers finance des projets à l’étranger [2]. Dans le même temps, l’écart de revenu disponible réel par habitant entre l’UE et les États-Unis a doublé en vingt ans [2].
L’Union n’a pas un problème d’argent. Elle a un problème de règles. Et 2027 est l’occasion de les changer, ou de confirmer qu’elles resteront en l’état.
Un bilan solide, un ralentissement réel
Le marché unique a tenu ses promesses initiales. Son impact commercial a été trois fois plus important que dans le cadre d’un accord commercial classique [1]. Les vingt premières années de réforme ont représenté un gain de 2 % de PIB et de près de 1,5 % d’emploi, selon la Commission européenne [1]. La Hongrie, par exemple, voit son PIB réel augmenter de 14,7 % par rapport au scénario sans marché unique [1]. Ces bienfaits représentent pourtant à peine la moitié de ce qu’un marché unique pleinement réalisé pourrait produire [1].
Depuis 2000, le moteur ralentit. Le revenu disponible réel par habitant a augmenté presque deux fois plus aux États-Unis qu’en Europe sur cette période [2]. Le rapport Draghi de septembre 2024, 400 pages de diagnostic, est sévère : l’Union accumule un retard préoccupant sur les plans économique et technologique [2].
Le retard technologique est particulièrement visible. En 2024, 70 % des modèles d’IA fondamentaux ont été développés aux États-Unis depuis 2017 [18]. Trois fournisseurs de cloud américains représentent plus de 65 % du marché mondial et européen [18]. Il n’existe aucune entreprise européenne avec une capitalisation boursière supérieure à 100 milliards d’euros créée au cours des cinquante dernières années [18]. Aux États-Unis, six entreprises valorisées à plus d’un trillion d’euros ont été créées durant cette même période [18].
Sur la défense, l’Europe a rattrapé une décennie de sous-investissement. En 2014, seulement 3 membres de l’Alliance consacraient 2 % de leur PIB à leur défense [5]. En 2024, ils étaient 18 sur 31 [5]. En 2025, les dépenses militaires des 32 pays de l’OTAN ont crû de 20 % en un an [4]. Le sommet de La Haye a fixé l’objectif suivant : 3,5 % de dépenses strictement militaires d’ici 2035, plus 1,5 % pour les dépenses liées à la sécurité [4].
Les citoyens, eux, n’ont jamais autant cru à l’Union. L’Eurobaromètre du printemps 2025 mesure le plus haut niveau de confiance depuis dix-huit ans [6]. La confiance dans la Commission européenne est devenue majoritaire pour la première fois depuis 2013-2014 [6]. La France détonne : à l’automne 2025, 27 % des Français seulement déclaraient faire confiance à l’UE [7]. La moyenne européenne était de 48 % [7].
L’unanimité comme machine à neutraliser ce que les citoyens demandent
La confiance monte partout. Elle bute sur une architecture conçue pour 6 puis 15 États souverains, pas pour un bloc de 27 nations aux intérêts divergents face à une rivalité sino-américaine [19].
Plusieurs domaines restent soumis au vote à l’unanimité : la politique étrangère et de sécurité commune, la politique de défense, la coopération policière opérationnelle [19]. Ce sont précisément les domaines où la demande de souveraineté européenne est la plus forte. Un seul État peut bloquer tous les autres. C’est la levée du veto hongrois qui a permis, en juin 2026, de reprendre formellement les négociations d’adhésion avec l’Ukraine [12]. Pendant des mois, un gouvernement avait tenu en otage la politique d’élargissement de vingt-six partenaires.
Le budget obéit au même verrou. L’Union dépense environ 1 % de son PIB [15]. Le FMI juge cette enveloppe structurellement insuffisante pour financer les transitions qui s’imposent [15].
Elle est financée à 70 % par les contributions des États membres, portées à des niveaux records [9]. Pour la période 2028-2034, la Commission propose un plafond d’engagements de 1 985 milliards d’euros, soit 1,26 % du revenu national brut européen [9]. Toute ressource propre nouvelle exige l’unanimité des Vingt-Sept. Le même verrou qui bloque la politique étrangère bloque la politique fiscale.
Modifier les traités exige d’abord une majorité simple de 14 États membres sur 27 pour ouvrir les négociations [19]. Tout accord juridiquement contraignant doit ensuite être ratifié par les 27 [19]. Certains États peuvent organiser un référendum. En 2005, cette démarche avait abouti au rejet du traité constitutionnel [19].
L’écart entre les discours sur la souveraineté stratégique et les règles effectives de décision tient à une architecture inadaptée. « Pendant trop longtemps, nous avons pu compter sur la sécurité fournie à bon compte par les États-Unis, des produits bon marché fabriqués en Chine et de l’énergie accessible achetée en Russie. Cette époque est révolue », formulait en 2024 le programme stratégique du Conseil européen [13]. L’inadaptation institutionnelle, elle, persiste.
Deux ruptures simultanées qui ne laissent plus de marge
Le désengagement américain s’inscrit dans la politique intérieure des États-Unis depuis 2016. L’Europe ne peut plus compter sur le parapluie de sécurité américain ni sur le multilatéralisme d’après-guerre. Une défense européenne autonome devient une condition de survie de l’Union comme espace de liberté. Ce basculement vers un monde multipolaire est probablement irréversible, et les Européens doivent construire une identité stratégique propre par choix d’avenir, comme l’analyse Ivan Krastev dans The Long Road to Democratic Decline (2025) [22].
La rupture économique et technologique est tout aussi structurelle. Le rapport Draghi de 2024 chiffre le besoin annuel minimal d’investissements supplémentaires à 750 milliards d’euros [2]. La Commission et le FMI estiment qu’un tel effort augmenterait la production d’environ 6 % en quinze ans [17]. Le paysage actuel de l’investissement est fragmenté, avec d’importantes disparités dans l’accès au financement privé pour les entreprises innovantes [2].
L’épargne des Européens atteignait 33 000 milliards d’euros en 2024 [2]. Un tiers finance des projets à l’étranger [2]. La fragmentation financière, et non l’absence d’épargne, crée le goulot d’étranglement. Sans union financière, la politique monétaire unique aggrave les divergences entre économies membres au lieu de les résorber, comme le montrent les travaux d’Agnès Bénassy-Quéré sur le policy mix dans un monde de chocs d’offre structurels [20].
Les institutions, les monopoles et la culture décident si une vague d’innovation débouche sur la croissance ou la stagnation [21]. Si les géants de l’IA américains et chinois reproduisent la logique des intérêts établis qui ont bloqué le progrès par le passé, une Europe sans champions propres sera doublement dépendante, pour sa sécurité et pour sa productivité. Le progrès technologique ne crée de prospérité partagée que si les citoyens et les institutions pèsent sur ses orientations [24]. Une Europe fragmentée ne pèse pas.
La chaîne causale réelle, avant les instruments
Les débats sur la souveraineté européenne tombent souvent dans un piège : répondre aux symptômes par des dispositifs qui en sont eux-mêmes une cause.
Primer les exportateurs nationaux contre la concurrence européenne affaiblit le marché unique qui est la base de toute puissance. Multiplier les vetos budgétaires nationaux pour préserver la souveraineté fiscale empêche de financer les biens publics européens (défense, recherche, infrastructure numérique) qui sont la condition de toute souveraineté réelle. Refuser l’élargissement par peur des nouvelles voix au Conseil réduit le poids géopolitique de l’Union face aux puissances qui ne partagent pas ses valeurs.
La chaîne causale réelle fonctionne ainsi. Les règles d’unanimité donnent à chaque État un droit de veto sur les biens publics européens. Ce droit est utilisé comme levier de marchandage par les gouvernements devant leur électorat national. Les biens publics européens ne sont donc pas produits à la hauteur des besoins.
L’écart grandit entre les attentes citoyennes d’une Europe qui protège et une Europe qui négocie. La défiance monte, en particulier en France, où 27 % des citoyens déclaraient faire confiance à l’UE à l’automne 2025 [7]. Ce qui alimente à son tour les partis qui instrumentalisent l’Europe comme bouc émissaire. La réponse tient à la règle de décision qui rend l’action collective impossible, pas à davantage de redistribution entre États membres.
Les marchés européens sont structurellement moins concentrés que les marchés américains, un avantage concurrentiel réel documenté par Thomas Philippon [26]. Cet avantage ne peut se matérialiser que si l’Union dispose de la capacité réglementaire de le défendre contre des entreprises que leurs États d’origine soutiennent massivement. Cette capacité réglementaire exige une capacité décisionnelle.
Activer les clauses passerelles ou accepter la paralysie à 35
L’élargissement en cours engage une fenêtre de dix ans qui ne se rouvrira pas. Le gouvernement ukrainien vise une clôture provisoire des négociations d’ici à la fin de 2028 [11]. La Commission juge cet objectif conditionné à une accélération des réformes, en particulier en matière d’État de droit [11][12]. Une UE à 33 ou 35 États avec les règles actuelles serait paralysée en permanence. L’élargissement sans réforme institutionnelle produit une dilution de la capacité d’action collective [12].
L’arbitrage central pour 2027 est là : activer les clauses passerelles vers la majorité qualifiée, ou laisser le droit de veto permanent s’étendre à chaque nouveau membre.
Les clauses passerelles permettent de remplacer le vote à l’unanimité par un vote à la majorité qualifiée dans des domaines spécifiques, sans révision formelle des traités [19]. Leur activation progressive en matière de politique étrangère, de fiscalité et de ressources propres est la voie réaliste. La France et l’Allemagne l’ont portée rhétoriquement sans la mettre en œuvre. La condition d’une présidence 2027 crédible sur l’Europe est de traduire cet engagement en actes.
Sur la défense, ces passerelles s’accompagnent d’un financement commun conditionné à la préférence européenne. C’est le seul levier sur des préférences d’achat de conviction. Le chantier des fonds SAFE et EDIP est détaillé dans le billet « La flotte est prête, l’arsenal ne l’est pas ».
Sur le financement, le rapport Draghi chiffre les besoins d’investissement annuels entre 800 et 1 000 milliards d’euros [2][17]. La transition énergétique seule représente un peu plus de 100 milliards par an [2]. Ces montants dépassent ce que les budgets publics peuvent couvrir seuls. L’Union de l’épargne et de l’investissement, rebaptisée ainsi après les rapports Draghi et Letta de 2024, vise à mobiliser les capitaux privés pour financer les transitions écologique et numérique [3][15][16]. Elle suppose d’harmoniser la fiscalité de l’épargne, de créer des produits européens de long terme et de progresser vers un régulateur financier unique.
Sur le budget, la Commission a présenté en juillet 2025 sa proposition de cadre financier 2028-2034, dotée d’une enveloppe de 2 000 milliards d’euros sur sept ans [9]. Des ressources propres complémentaires (déchets électroniques, produits du tabac, grandes entreprises) généreraient 65,6 milliards d’euros par an [9]. Elles permettraient de financer les nouveaux défis, de rembourser le plan de relance et de réduire la dépendance aux contributions nationales [9].
La France a un intérêt objectif à ce levier. Sa contribution au budget européen est passée d’une moyenne de 20 milliards d’euros par an sur le cadre 2014-2020 à 29 milliards prévus pour 2026 [10]. Des ressources propres tirées des plateformes numériques et des géants du carbone allégeraient cette facture.
Sur la politique industrielle, un environnement favorable à la destruction créatrice (régulation anti-monopole, accès au financement de risque, mobilité des chercheurs) est plus efficace que les champions nationaux subventionnés [27]. L’État peut en complément co-créer de la valeur en orientant les dépenses communes vers des biens publics que les marchés seuls ne produisent pas à la hauteur des besoins stratégiques : recherche fondamentale, infrastructure numérique, souveraineté pharmaceutique [23]. Appliqué à l’échelle européenne, cela passe par l’achèvement du marché unique des services, une politique de concurrence adaptée à la rivalité avec les géants américains et chinois, et une directive sur le capital-risque qui change la structure de financement des jeunes entreprises.
Sur la défense, les besoins en investissements pour l’industrie de défense européenne ont été évalués à 500 milliards d’euros sur dix ans [4][14]. Ce financement ne peut venir uniquement des budgets nationaux sans comprimer d’autres postes. Sans règles robustes de coordination, les dépenses nationales produisent des duplications coûteuses et des lacunes capacitaires [25]. Dépenser davantage ensemble exige précisément la capacité décisionnelle que l’unanimité empêche de construire.
La vraie bifurcation ne se joue pas entre une Europe fédérale abstraite et des souverainetés nationales préservées. Elle se joue entre une Europe qui se dote des instruments de décision et de financement à la hauteur de la rivalité géopolitique, et une Europe qui continue à afficher des ambitions sans s’en donner les moyens. Au bout de la seconde voie, les citoyens devront choisir entre deux illusions symétriques : le repli national ou la délégation aveugle.
Sources
[1] DG Trésor, « Le marché unique européen, un vecteur d’intégration économique et commerciale », Trésor-Éco n° 338, mars 2024, https ://www.tresor.economie.gouv.fr/Articles/2024/03/05/le-marche-unique-europeen-un-vecteur-d-integration-economique-et-commerciale (consulté le 09/08/2026).
[2] Mario Draghi, Le futur de la compétitivité européenne, Commission européenne, 9 septembre 2024, https ://www.assemblee-nationale.fr/dyn/content/download/871338/file/Note%20n%C2%B0%201%20R%C3%A9sum%C3%A9%20rapport%20Draghi.pdf (consulté le 09/08/2026).
[3] Parlement européen, résolution 2024/2116(INI), « Faciliter le financement des investissements et des réformes pour stimuler la compétitivité européenne et créer une union des marchés des capitaux », adoptée le 10 septembre 2025, https ://oeil.europarl.europa.eu/oeil/fr/document-summary?id=1841874 (consulté le 09/08/2026).
[4] OTAN, Rapport annuel 2025, « Defence expenditures and NATO’s guidelines », mars 2026, https ://www.nato.int (consulté le 09/08/2026).
[5] OTAN, Fiche dépenses de défense, février 2024, https ://nato.int/content/dam/nato/legacy-wcm/media_pdf/2024/2/pdf/FACTSHEET-NATO-defence-spending-fr.pdf (consulté le 09/08/2026).
[6] Commission européenne, Eurobaromètre Standard 103 (printemps 2025), publié mai 2025, https ://commission.europa.eu/strategy-and-policy/strategic-planning/eurobarometer_fr (consulté le 09/08/2026).
[7] Commission européenne / Représentation en France, Eurobaromètre Standard 104 (automne 2025), publié 15 décembre 2025, https ://france.representation.ec.europa.eu/informations/la-derniere-enquete-eurobarometre-confirme-le-rapport-ambivalent-des-francais-legard-de-lue-2025-12-15_fr (consulté le 09/08/2026).
[8] FMI / Ravi Balakrishnan, « L’évanescente union de l’épargne et des investissements de l’Europe », Finance & Development, juin 2025, https ://www.imf.org/fr/publications/fandd/issues/2025/06/europes-elusive-savings-and-investment-union-ravi-balakrishnan (consulté le 09/08/2026).
[9] Commission européenne, proposition de Cadre financier pluriannuel 2028-2034, juillet 2025, https ://commission.europa.eu/topics/budget/eu-budget-2028-2034-explained_fr (consulté le 09/08/2026).
[10] Sénat, Commission des affaires européennes, Rapport sur les négociations CFP 2028-2034, rapport n° 532, avril 2026, https ://www.senat.fr/rap/r25-532/r25-5325.html (consulté le 09/08/2026).
[11] Commission européenne, Paquet élargissement 2024, 30 octobre 2024, https ://north-africa-middle-east-gulf.ec.europa.eu/news/commission-adopts-2024-enlargement-package-2024-10-30_fr (consulté le 09/08/2026).
[12] Touteleurope, « Élargissement de l’UE : pourquoi l’adhésion de l’Ukraine, de la Moldavie et de la Géorgie va prendre du temps », mis à jour juillet 2026, https ://www.touteleurope.eu/fonctionnement-de-l-ue/elargissement-de-l-ue-pourquoi-l-adhesion-de-l-ukraine-de-la-georgie-et-de-la-moldavie-n-est-pas-pour-demain/ (consulté le 09/08/2026).
[13] Haut-Commissariat au Plan, Europe : les clés de la souveraineté, 2024, https ://www.strategie-plan.gouv.fr/publications/europe-les-cles-de-la-souverainete (consulté le 09/08/2026).
[14] Assemblée nationale, Commission des affaires européennes, Rapport d’information sur la souveraineté industrielle européenne, n° 2647, 22 mai 2024, https ://questions.assemblee-nationale.fr/dyn/16/dossiers/DLR5L16N49998 (consulté le 09/08/2026).
[15] FMI / Ravi Balakrishnan, « L’évanescente union de l’épargne et des investissements de l’Europe », Finance & Development, juin 2025, https ://www.imf.org/fr/publications/fandd/issues/2025/06/europes-elusive-savings-and-investment-union-ravi-balakrishnan (consulté le 09/08/2026).
[16] DG Trésor, rapport Noyer, « Développer les marchés de capitaux européens pour financer l’avenir », 25 avril 2024, https ://www.tresor.economie.gouv.fr/Articles/2024/04/25/developper-les-marches-de-capitaux-europeens-pour-financer-l-avenir (consulté le 09/08/2026).
[17] Rexecode, « Rapport Draghi : propositions pour relancer la compétitivité européenne », octobre 2024, https ://www.rexecode.fr/conjoncture-previsions/archives/document-de-la-semaine/rapport-draghi-propositions-pour-relancer-la-competitivite-europeenne (consulté le 09/08/2026).
[18] Parlement européen, Rapport A10-0107/2025, « European technological sovereignty and digital infrastructure », 2025, https ://www.europarl.europa.eu/doceo/document/A-10-2025-0107_EN.html (consulté le 09/08/2026).
[19] EUR-Lex, « Unanimité », glossaire, https ://eur-lex.europa.eu/FR/legal-content/glossary/unanimity.html (consulté le 09/08/2026).
[20] Agnès Bénassy-Quéré, The policy mix in a world of supply shocks, 2025, https ://www.banque-france.fr/en/agnes-benassy-quere (consulté le 09/08/2026).
[21] Carl Benedikt Frey, How Progress Ends : Technology, Innovation, and the Fate of Nations, Princeton University Press, 2025, https ://press.princeton.edu/books/hardcover/9780691233079/how-progress-ends (consulté le 09/08/2026).
[22] Ivan Krastev, The Long Road to Democratic Decline, ECFR, 2025, https ://ecfr.eu/profile/ivan-krastev/type/publication/ (consulté le 09/08/2026).
[23] Mariana Mazzucato, The Common Good Economy, 2026, https ://marianamazzucato.com/books/the-common-good-economy/ (consulté le 09/08/2026).
[24] Daron Acemoglu et Simon Johnson, « Can A.I. Be Pro-Worker ? », The New Yorker, 2026, https ://www.newyorker.com/contributors/john-cassidy (consulté le 09/08/2026).
[25] Jean Tirole, « European Defence », Project Syndicate, 2026, https ://www.project-syndicate.org/columnist/jean-tirole (consulté le 09/08/2026).
[26] Thomas Philippon, Le grand renversement, MIT Press / La Vie des idées, travaux sur la concentration des marchés (consulté le 09/08/2026).
[27] Philippe Aghion, « Resetting the Innovation Clock : Endogenous Growth through Technological Turnover », 2025, https ://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/comptes-rendus/cion-eco/l17cion-eco2526012_compte-rendu.pdf (consulté le 09/08/2026).
